Reportage sur l’histoire d’une passion

J’arrive à l’adresse indiquée, la sonnette est sertie dans un écusson Alfa Romeo. A la place du nom, la mention “Vous être chez un passionné d’Alfa Romeo”.

Il n’y a pas de doute, je suis bien chez Robert.

Robert m’accueille avec un large sourire, le visage rayonnant. Son hall d’entrée est une salle d’exposition d’Alfa de différents modèles, tous recouverts de housses uniformes. Pourtant je me rends vite compte que toutes les voitures sont rouges, la couleur préférée de Robert.

Nous entrons dans son intérieur, joliment aménagé et décoré d’affiches, de dessins, d’écussons, tous à la gloire de la marque italienne.

Robert vient d’un milieu étranger aux voitures, il a fait des études de dessinateur industriel. Alors comment est née cette passion pour les Alfa ?

Robert passe sans difficulté “aux aveux”, tant sa passion le déborde. Avant même de faire ses études, il allait assister aux victoires d’Alfa aux 24 h de Spa-Francorchamps avec ses amis. Pour s’offrir un de ces bolides, il fallait d’abord travailler. Il dessine des pompes à mazout, des accès d’autoroute,…. et s’ennuie. Il s’intéresse alors au modélisme, ce qui lui permet de dessiner et de réaliser des avions. Mais cela ne dure qu’un temps.

Robert devient vendeur de voiture chez D’Ieteren, il vend des VW et des Porsche. Il rencontre d’autres passionnés de voitures qui l’initient à la retape de voitures abîmées par des excès mal maîtrisés. Elles portent des noms mythiques ; Jaguar, Austin-Healey, Triumph,…Et Robert achète sa première Jaguar pour une somme symbolique.

Robert vendra des voitures allemandes pendant près de 20 ans. C’était vraiment pour vivre puisqu’il continuera à entrer dans les concessions Alfa Romeo, uniquement pour les regarder. Il s’informe … Jamais il n’en achètera une neuve.

Avec son bagage technique, son amour du beau travail et son bon goût, Robert se lance de l’aménagement intérieur en tant qu’indépendant. Il achète des ateliers, les équipe et construit des meubles, transforme, rénove, confectionne des décors. Il se révèle un artisan accompli.

Lorsque l’heure de la retraite sonne, Robert n’a qu’une idée; réaliser son rêve. Il vend ses machines et convertit son atelier en garage. Il achète d’autres outils, quelques Alfa à restaurer, regarde des chaînes TV spécialisées en oldtimers, il suit une formation et, pour tout le reste, il fait son apprentissage sur le tas.

J’ai eu le privilège de visiter les ateliers de Robert. Ce qui pourrait paraître désordonné ne l’est pas du tout. L’espace est divisé en zones (voitures finies, voitures en cours de remontage, voitures “dans leur jus”, châssis, moteurs, pièces détachées,…). A l’étage, ce sont des composants plus légers.

Robert est intarissable d’éloges lorsqu’il parle de V6 Alfa (l’un des 10 moteurs dont il est question dans cet article) Et, l’auriez-vous deviné ? Robert ne travaille que pour lui, pour restaurer un patrimoine qu’il affectionne.

J’aime cette histoire, celle d’une passion qui n’est pas sans histoire.

Vous êtes un passionné, vous avez quelque chose à partager, prenez contact avec moi.