Recommandations pour l’hivernage de nos voitures anciennes

L’hiver est à nos portes. Il fait froid dehors, et ça sent le sapin et le feu de bois à l’intérieur. On accroche déjà les guirlandes pour se préparer tout doucement aux fêtes de fin d’année… Mais ne laissons pas nos chères ancêtres en reste ! Voici quelques recommandations pour les border dans leur garage, en attendant le retour du beau temps.

Après une saison de rallyes, balades et autres sorties entre copains, l’hiver est un moment propice pour faire le point sur l’état général de votre véhicule. Un contrôle approfondi des éléments des trains roulants s’impose. Je pense notamment aux freins, à la suspension et la direction. Il s’agit de lever la voiture et de la poser sur des chandelles. En agrippant chaque roue fermement, on cherche à déceler tout jeu excessif dans les roulements et les rotules. On démonte et on observe l’intérieur des tambours de frein, ainsi que tout ce qui est en caoutchouc (coupelles, silent-blocs,…) Toute suspicion mérite d’être approfondie, et les pièces qui le nécessitent doivent être remplacées.

Tant que les roues sont enlevées, c’est une bonne idée de déloger tout amas de débris routiers, tels que gravillons, sable, boue séchée out tout autre élément qui se sera logé dans les ailes. Commencez par dégrossir à sec avec une balayette, afin de faire tomber la saleté. Une fois que vous en aurez enlevé la vaste majorité, armez-vous d’un seau rempli d’eau tiède (avec une petite drache de liquide vaisselle), et d’un pinceau large à poils durs. Il s’agit de nettoyer maintenant chaque passage de roue jusque dans les moindres recoins, afin de retrouver une surface propre. Une fois bien nettoyé, séchez gentiment avec un chiffon propre et un sèche-cheveux. Cette étape se fait à vos risques et périls, car emprunter un tel outil à une conjointe peut s’avérer dangereux. Quand elle se rendra compte où est passé son appareil, ça va barder ! Je vous conseille vivement d’en avoir un dans le garage, qui servira principalement à votre chérie à moteur. Et tant pis s’il y a des jaloux…

Une fois bien sec, scrutez attentivement chaque passage de roue afin de déceler tout décollement de l’anti gravillons, ou un départ éventuel de rouille. C’est le moment pour agir si vous en trouvez, à l’aide des techniques et produits adéquats.

Quand elle sera remise sur ses roues, procédez à laver sa carrosserie comme à votre habitude, en insistant bien sur tous les ouvrants. Un pinceau à poils souples vous aidera à atteindre les recoins difficiles d’accès, sans risque d’endommager la peinture. Une fois séchée convenablement, quelques gouttes d’huile sur les charnières s’impose, en même temps qu’une inspection approfondie de la carrosserie. Le traitement des petits éclats que vous trouvez peut se faire maintenant également.

Dès que vous en aurez terminé avec les retouches, une couche de cire à base de carnauba aidera à protéger ces courbes sensuelles. Il est préférable de l’appliquer à la main, à l’aide d’un chiffon en microfibre soyeux. Ceci rend non seulement un peu de vivacité à la teinte de votre véhicule, mais retarde également l’apparition de dépôts tenaces. À la première sortie la saison prochaine, un coup de chiffon léger et  rapide suffira à l’apprêter pour sa première vraie balade.

Avant l’hiver, c’est aussi le moment opportun d’effectuer un entretien du moteur, comprenant au minimum le changement de l’huile moteur, des filtres et un réglage du jeu aux soupapes. Pourquoi maintenant ? Parce qu’en hiver, on ne va démarrer le moteur qu’une à deux fois par mois. Le fait de laisser un moteur au repos tant de temps fait que toute l’huile redescend dans le carter, et il faut une seconde voire deux de plus, avant d’atteindre la pression de fonctionnement normale. Pendant ce temps, les pièces qui tournent le font « à sec », bien qu’un fin film d’huile soit toujours présent. C’est pour cela qu’il est franchement préférable de lubrifier tout ce petit monde avec de l’huile fraiche, exempte de dépôts datant de la saison passée, présentant surtout des propriétés physiques et chimiques optimales.  Qui plus est, une fois le printemps revenu, vous pourrez profiter directement de votre bolide sans vous en soucier.

Une bonne chose à savoir également, c’est que l’on change le liquide de refroidissement et le liquide de freins tous les deux ans. Le premier tend à devenir acide et à grignoter le moteur par l’intérieur, et le deuxième est fortement hygroscopique, ce qui oxyde les composants du circuit de freins par l’intérieur également, mais créée aussi des bouchons de vapeur lors de sollicitations importantes (phénomène que l’on appelle « vapor lock », en anglais). Ces deux fluides sont malheureusement trop souvent négligés, et ne sont pris en compte qu’une fois qu’il est trop tard et que les avaries apparaissent. Je pense aux problèmes de surchauffe et aux freins qui deviennent spongieux, voire se grippent.

Profitez-en également pour contrôler et régler les vis-platinées, retirer les bougies et contrôler l’écartement des électrodes, mais également leur couleur, qui sont un indice précieux sur l’état de votre moteur. Un moteur bien réglé se manifeste par une couleur brun-gris uniforme. Si vos bougies sont blanches, cela pourrait indiquer un problème d’allumage, ou un mélange trop pauvre. Elles sont pleines de suie ? La combustion ne se fait pas entièrement, soit à cause d’un problème d’allumage à nouveau, ou bien un mélange trop riche. Ce que l’on ne veut vraiment pas voir, ce sont des bougies souillées d’huile. C’est l’indication d’un problème de segmentation du bas moteur, qui se traduit en général par une réfection de ce dernier…

(Les réglages de la carburation, les possibles causes d’avaries et les problèmes d’allumage seront couverts dans un autre article, à paraître prochainement.)

Une fois tous ces contrôles et réglages effectués, vous voilà tranquille pour le début de la saison prochaine en ce qui concerne le moteur. Ajustez dernièrement la pression des pneus à un bar au-dessus de ce qui est recommandé. Ceci réduit le risque d’apparition de plats indésirables sur la bande de roulement.  Garez votre véhicule à l’endroit désiré, et engagez une vitesse plutôt que le frein à main. Ceci évitera que ce dernier ne reste collé.

La dernière opération avant de la mettre sous la couette pour l’hiver, consiste à débrancher et sortir la batterie. Si vous avez un appareil de maintien de charge, placez votre batterie dans un endroit aéré et branchez le dispositif. Sinon, vous demanderez à un copain de vous prêter le sien un mois sur deux, afin que chacun puisse garder une charge correcte. Et si personne n’en a un autour de vous, l’un de nos spécialistes pourra vous conseiller.

Voilà, votre bolide rutilant est prêt pour quelques mois de sommeil ! Pensez à aller lui faire coucou de temps en temps, et une à deux fois par mois d’aller faire un petit tour dans le quartier, de préférence lorsqu’il fait parfaitement sec. Ceci afin de mettre tous les fluides à température, mais également de faire fonctionner les freins et la suspension.

Une fois cette petite routine effectuée, vous pourrez vous concentrer sur ce que vous allez servir à vos invités pour les fêtes. Personnellement, je préfère un pur malt avec une goutte d’eau…

Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec l’aspect plus technique de ces opérations, n’hésitez pas à prendre contact avec l’un de nos spécialistes qui le fera pour vous, avec le plus grand plaisir certainement.

Nous vous souhaitons un réveil printanier tout en douceur.