Maserati – 100 ans d’histoire

Maserati est d’abord une affaire familiale peu banale. En effet, quatre frères parmi sept enfants, tous passionnés de mécanique, fondent une marque de voitures de sport. Ils doivent leur passion à leur père, qui était cheminot et emmenait souvent ses fils sur sa locomotive.

Ettore, Bindo, Ernesto et Alfieri II, avant 1932, devant leur première concession Maserati, 11 Via de Pepoli à Bologne

Préparateur.

C’est Alfieri (1897-1932) qui fonde en 1914 la Societa Officine Maserati, un atelier spécialisé dans la préparation sportive de compétition qui monte des moteurs d’avion sur des châssis Isotta-Fraschini avec l’aide de ses deux frères Ettore et d’Ernesto (Bindo travaile chez Isotta-Fraschini).

Alfieri Maserati et son Isotta-Fraschini en 1908 à Dieppe

Entre 1922 et 1926, Alfieri et Ettore conçoivent avec succès plusieurs moteurs et voitures de Grand Prix pour le constructeur Diatto dont la Diatto Type 20 à moteur huit-cylindres de 2 litres suralimenté qui remporte les 24 Heures de Monza de 1924. En 1922 Alfieri gagne le Grand Prix du Mugello sur Isotta-Fraschini.

Les frères ont besoin d’un emblème pour leur société et c’est Mario, le seul frère préférant l’art à l’automobile, qui va le réaliser. Il choisit alors d’utiliser des symboles de sa ville, Bologne : le trident reprend celui de la statue de Neptune qui orne la fontaine de Piazza Maggiore, et le rouge et le bleu sont les couleurs de la ville.

 

Le dessin original du Trident
Neptune à Modène

 

Constructeur.

En 1926, Alfieri décide de devenir constructeur automobile et conçoit la Maserati Type 26 (d’après l’année de sa sortie, voiture de Grand Prix dotée d’un huit-cylindres en ligne compressé et suralimenté à double arbre à cames, développant 1 493 cm3 et 125 ch pour 160 km/h) réservée à de riches clients amateurs de courses automobiles et grande rivale de Bugatti. Le logo, emblème actuel de la marque, est dessiné par Mario Maserati (artiste peintre) : le trident du dieu de la mythologie gréco-romaine Neptune-Poséidon.
En 1930, la Maserati Tipo 26 M de Grand Prix en alliages légers de huit cylindres pour 2 500 cm3 domine la presque totalité des plus importantes compétitions et hisse la marque au sommet. Alfieri Maserati conçoit sa première automobile routière, son chef-d’œuvre, sur la base d’un châssis de Maserati Type 26M avec deux carrosseries spiders des designers Castagna et Zagato.

Maserati Typo-26

Disparition de Alfieri Maserati.

Alfieri (pilier central de leur société par son génie) disparaît le 3 mars 1932 à l’âge de 44 ans des suites de son grave accident de course du 8 mai 1927 à la Coppa di Messina. Bindo quitte alors Isotta Fraschini où il travaille depuis plus de vingt ans, pour reprendre Maserati en tant que président avec ses frères Ettore (directeur de compétition) et Ernesto (directeur du bureau d’étude).

Alfieri Maserati

Achat de Maserati par Orsi.

1937, à cause de problèmes importants de financement et de gestion (grand point faible des frères Maserati), ils cèdent leurs actions Maserati à la famille d’industriel Orsi de Modène (aciéries, machines-outils et matériels agricoles) en restant maîtres par contrat de la partie technique de l’entreprise pendant dix ans. Mais ils sont vite évincés et la direction générale est confiée en 1939 à Adolfo Orsi, qui choisit alors de nouveaux directeurs techniques et déménage Maserati à Modène (où elle est toujours aujourd’hui).
Succès en compétition.
En 1939 et en 1940, le pilote Wilbur Shaw remporte glorieusement les 500 miles d’Indianapolis aux États-Unis (épreuve reine en Amérique du Nord) au volant d’une Maserati 8CTF. Du fait d’une situation économique difficile et de la guerre, Maserati met fin à la compétition et se reconvertit dans la fabrication de bougies d’allumage, batteries, machines-outil et petits utilitaires à moteur électrique…

Maserati GT.

Les premières années de l’après-guerre sont fastes et la marque accumule les succès, tant sur les pistes que sur les routes.
En 1946, Maserati commercialise avec succès des automobiles GT routières avec pour premier modèle la Maserati A6, une berlinette dotée d’un six cylindres de 1,5 L et carrossée par Pininfarina (139 véhicules furent produits entre 1946 et 1956).
En 1947, Bindo, Ettore et Ernesto Maserati quittent Maserati qui ne leur appartient plus pour fonder à Bologne, le 1er décembre, la firme automobile O.S.C.A. (Officine Specializzate Costruzione Automobili), qui disparaîtra en 1967.
Les Années 50 voient le constructeur Italien couronné de succès grâce à Juan Manuel Fangio qui gagne son dernier titre mondial sur la Maserati 250F.

JM Fangio en 1957

Mais les compétitions sont onéreuses et la firme doit précipitamment se retirer de la compétition. Maserati décide alors de se diversifier et de développer une gamme « routière ». Ce processus est entamé avec la 3500 GT, première voiture de la marque produite en « série » (2000 exemplaires) et conçue pour le marché Américain.

3500 GT

La succession.

En 1953, Adolfo Orsi devient seul propriétaire de Maserati, son fils Omer sera à la direction jusqu’en 1968, année où, à la suite de problèmes financiers, Citroën achète la totalité de Maserati et distribue la production dans le réseau Citroën. En 1975, à la suite du rachat de Citroën par Peugeot, Alejandro de Tomaso rachète Maserati. En 1986, Chrysler entre dans le capital jusqu’en 1993, année où Fiat rachète la marque à son tour et distribue la production Maserati dans son réseau Ferrari jusqu’à ce jour.