Essence et substitut au plomb

Disons-le d’emblée, la SP98 est le meilleur moyen d’éviter les soucis. Sa formule « riche » et au taux d’octane élevé permet d’éviter le cliquetis pouvant se produire avec le SP95 et permet de garder propre le haut moteur, ce qui aide également à passer les contrôles anti-pollution sans soucis …

La question corolaire est: L’additif de substitution du plomb dans l’essence est-il nécessaire, recommandé, toléré, utile, déconseillé ?

Cet additif sert à la protection des sièges de soupapes des moteurs qui n’ont jamais été refaits, c’est à dire qui ne disposent pas de soupapes aux normes actuelles. Il est donc nécessaire de s’informer. En résumé, les additifs sont:
– Inutiles pour les véhicules produits avant 1923
– Recommandés pour les véhicules produits entre 1923 et 1993
– Inutiles pour les véhicules produits après 1993

Depuis qu’il fut décidé de retirer le plomb des carburants pour protéger la nature il fut progressivement remplacé dans ses fonctions anti-détonantes par le MTBE (Methyl tertiary Butyl Ether). Ce dernier (dont certains pays remettent également en causes les effets secondaires au niveau de l’environnement) n’a aucun effet protecteur des sièges de soupapes.
Problème : les sièges de soupapes sont usinés dans la matière première de la culasse qui est, elle-même, est une pièce coulée. La dureté des pièces coulées n’est pas excellente et nécessite là où le métal est battu avec force à une fréquence élevée de protection extérieure.
L’oxyde de plomb avait pour mission de jouer le rôle d’amortisseur entre la soupape et son siège (d’autres métaux comme le zinc et l’étain peuvent aussi jouer ce rôle mais ne sont pas disponibles sous forme liquide)
Pourquoi ? Tout simplement car il semblerait que les résidus de combustion des anciennes essences au plomb étaient efficaces pour protéger les sièges des soupapes d’échappement. Il serait donc préférable d’utiliser des additifs pour les voitures produites entre 1923 et 1993, et il est parfaitement inutile d’ajouter de l’additif pour les voitures produites à partir de 1993 car les moteurs commençaient à être équipés de sièges de soupape en métal, parfaitement compatibles avec l’essence sans-plomb comme le SP95 et le SP98.

Pour ma part, je ne mets de la SP98 dans toutes mes anciennes et de l’additif dans les italiennes (de 1969 à 1984), et je n’en mets pas dans la Porsche 944 (1986), et tout va bien.

Quid de la SP95 ?

La SP95 « ordinaire » est utilisable dans la plupart des moteurs peu et moyennement poussés (rapport volumétrique inférieur à 8:1 sur moteurs atmosphériques). Le problème c’est que depuis quelques années, la SP95 « standard » comprend environ 5% d’Ethanol. Hors l’Ethanol fait très mauvais ménage avec les durites anciennes et les membranes de pompes de reprises de nos carburateurs, voire même avec certains alliages d’aluminium pauvre sur certains carburateurs qu’il va avoir tendance à ramollir !
La SP95-E10 est à éviter de façon continue. Elle comprend 10% d’Ethanol et maximise les défauts évoqués ci-dessus. L’usage de SP95-E10 impose de remplacer obligatoirement toutes les durites par des modèles « nouvelles normes », tous les joints et membranes de carburateurs régulièrement, tout en surveillant que la matière de ces derniers ne se détériore pas. Cerise sur le gâteau, l’éthanol décolle toutes les cochonnerie présentes dans le circuit de carburant et augmente la consommation. Pour dépanner, pourquoi pas. Mais pour un usage régulier, à quoi bon, pour gagner une poignée d’euros annuels sur le budget carburant ?