Les re-fabrications et répliques de voitures prestigieuses

Jusqu’ici, mon intérêt pour les voitures anciennes n’a pas fait de moi un ayatollah, un censeur ou un apôtre dans le microcosme du oldtimer et je ne compte pas devenir un de ces personnages. Le milieu des voitures anciennes est assez fermé, mais il ne peut être constitué de castes ou régi par un dogme.

Un journaliste de Caradisiac vient d’écrire un article consécutif à sa visite au récent salon Rétromobile de Paris.

Le journalise s’interroge sur le bienfondé des re-fabrications (par le constructeur original) et des répliques (par des copistes) de modèles prestigieux tels que la Cobra ou la Jaguar Type E. Je trouve sa réflexion juste et à propos. Certes les salons consacrés aux voitures anciennes sont intéressants, notamment pour aller à la rencontre de véritables amateurs. Voici le lien vers l’article.

L’authentique Cobra de Carroll Schelby

 

Pour ma part, j’ai toujours trouvé que les fabricants de répliques étaient plus des opportunistes que de véritables passionnés. Leurs”créations” sont des supercheries qui parasitent les authentiques et les dévalorisent plutôt.

On voit souvent le pire en matière de fausses voitures de sport. Les répliques de mauvaise qualités prenant pour modèle la Lamborghini Aventador ont inondé internet ces dernières années, et il y a souvent de quoi rire tant ces autos affichent un style grossier.

La réalisation d’une réplique ne se passe jamais comme prévu puisqu’il faut sans-cesse adapter, retailler, ressouder, mastiquer… Au final, la prise de poids de la réplique est conséquente, elle diminue les performances et la rigidité de la carrosserie peut s’en trouver vite altérée. Il faut alors faire et refaire tout en espérant que ça ne craque pas puisque l’aspect cosmétique de la réplique prime, c’est même son seul atout. L’unique.

L’intérieur est un point qui trahit souvent les répliques. S’il est pas le plus compliqué de copier l’habitacle spartiate d’une Ferrari F40, ce n’est pas le cas d’une F430 où le cuir règne. Il faut donc créer à la main, coudre, trouver des compromis pour un résultat pas toujours à la hauteur. Mais faute de moyens et/ou d’autres solutions, il n’y a d’autres choix que laisser comme ça. Tant pis. Toujours dans le compromis et la résignation, la réplique prend la forme d’un chantier interminable et qui déçoit l’inconscient. On accentue donc des détails pour convaincre et se convaincre. On essaie constamment d’embellir les subtilités sans voir (ou vouloir voir) que le gros œuvre déconne dès la base.

Mais dans ce cas précis, il faudra un oeil sacrément exercé pour détecter le faux. Les spécialistes de GT ont en effet découvert des images d’une société chinoise, qui propose de construire des répliques des supercars les plus exclusives au monde : Lamborghini Veneno, Bugatti Chiron, Maserati MC12…il semble y en avoir pour tous les goûts ou presque.

Des professionnels se sont lancés dans la réalisation de réplique avec plus ou moins de succès. Superformance par exemple conçoit des répliques très réalistes de Ford GT 40 victorieuses au Mans, avec un soin du détail et une qualité de réalisation très proches de l’originale, notamment dans les dimensions.

 

Ford GT40 – 50ème anniversaire
Réplique AC Cobra

 

Et la loi ?

La loi interdit ces modèles contrefaits mais preuve de laxisme tant que les logos apposés ne sont pas ceux des modèles originels. Les modèles sont alors considérés comme de simples voitures tuning.  De nombreuses start-ups s’y essaient régulièrement mais avec des résultats beaucoup plus approximatifs et assez onéreux à la vue du produit fini. Et si la réplique incitait à se résigner et à accepter sa situation ? Accepter que l’on ne pourra jamais pouvoir se financer une Ferrari ? Qu’à défaut de réaliser son rêve, on s’en donnera juste l’illusion et que l’on essaiera juste de s’en convaincre soit-même et les autres ?

Ami lecteur, nous vous invitons nous à donner votre avis sur ce sujet via un commentaire.

Michel FERONT Auteur

Je suis passionné de moteurs et de voitures anciennes. Lorsque j'étais enfant, je vantais la qualité des moteurs Schas qui équipaient les motos que mes parents vendaient. Cette passion ne m'a jamais quitté, malgré une carrière dans le secteur de l'informatique, où les moteurs sont remplacés par les processeurs. Dans mon village, je suis connu comme le mec qui "fait" dans les vieilles voitures, ....

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *