L’essai de La Triumph TR6 dans le magazine L’automobile de mai 1973.

Je n’ai jamais jeté mes vieux magazines automobiles en me disant qu’un jour peut-être, je prendrais le temps de m’y replonger. Ce jour arriva lorsque ma compagne me demanda d’aller chercher les décors de Noël au grenier. Dès que ma mission fut accomplie, j’ai feuilleté mes bons vieux magazines, dont L’Automobile “le magazine de l’homme qui roule“.

Le sommaire de l’Automobile de mai 1973

Cela me donna l’idée de vous faire revivre l’essai de la Triumph TR6 réalisé en mai 1973 par Etienne MOITY, journaliste automobile et ex rédac-chef de Auto Hebdo.

La Triumph TR6

 

Mon but est de vous plonger dans l’odeur de vieux papier, d’huile chaude et dans une époque où les journalistes spécialisés savaient de quoi ils parlaient. Voici quelques extraits de cet essai.

Triumph qui a déjà été le 1er constructeur à doter une voiture sportive de freins à disques avant (TR 3 en 1956), fut le 1er, en Angleterre à adopter une suspension à 4 roues indépendantes avec la TR 4A apparue en 1965. Le dessin de la TR 4 fut exécuté par le styliste italien Giovani Michelotti. La principale innovation résidait dans le système d’ialimentation indirecte Lucas, selon le procédé utilisé par Jaguar sur ses types D“.

Présentation & équipement.

L’étroitesse de l’habitacle n’a certainement pas permis de doter les portières d’accoudoirs, ce qui pour le passager, est d’autant plus regrettable qu’il ne possède pas de poignée de maintien. Heureusement, il reste la ceinture. Facilement repliable, la capote est d’une excellente qualité mais, malheureusement, toutes les articulations latérales, celles qui précisément bordent le crâne, ne sont absolument pas protégées. Mieux vaut ne pas y penser car l’envie vous prend immédiatement de coiffer un casque“.

 

 

 

 

Moteur.

un 6 Cylindres de 2.500 cc

Très agréable en tonalité, très souple également, il a, en revanche, fait preuve d’une sobriété étonnante, mais la présence de l’overdrive y est pour beaucoup. Son accessibilité est parfaite, encore qu’il faille obligatoirement faire le tour de la voiture pour libérer le capot de son crochet de sécurité situé à droite ainsi que la béquille de soutien. Le régime maximal atteint 5.500 tr/mn, la vitesse compteur correspondante se situe à 200 km/h. En reprise, sur la quatrième le moteur fait preuve d’une grande souplesse et d’un silence très reposant pour peu que l’on ne franchisse pas le cap des 160 km/h“.

 

 

 

 

 

 

Transmission.

L’overdrive permet de réduire, à vitesse égale, le régime de près de 1.000 tours/mn ce qui, à vitesse maxi est très appréciable. Le pont a une nette tendance à chauffer sur autoroute, dispensant dans l’habitacle une odeur d’huile chaude peu encourageante à maintenir une allure soutenue”.

Tenue de route.

La suspension arbitre les débats. C’est d’autant plus regrettable que l’ensemble est sain. La conception même de la voiture et son poids élevé sur l’avant conduisent au sous-virage qui sera d’autant plus prononcé que le virage est serré. Le survirage se manifeste également dans les virages très fermés, surtout si on engage franchement l’avant. Attention aux bosses et aux trous car les réactions sont alors immédiates et c’est le combat qui commence“.

Suspension – confort.

TR6

 

 

 

La présence de 4 roues indépendantes n’est pas toujours un gage de réussite, elle transforme les occupants en shakers mais sans pour autant délivrer un cocktail explosif. Cet état permanent d’apesanteur se manifeste partout où le revêtement n’est pas parfaitement uniforme, c’est à dire presque continuellement.”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusions.

A ses débuts, la TR6 offrait des atouts non négligeables: ses performances d’abord, mais surtout son prix d’achat. Au fil des ans, la TR6 est restée ce qu’elle était. Sa personnalité demeure intacte, sa suspension aussi et son prix dépasse désormais le niveau de ses qualités. Sportive, elle était, sportive elle n’est plus, sa suspension freinant les élans d’un moteur qui mérite, pourtant, beaucoup mieux. Si elle sait encore aller vite, c’est au prix d’une dépense physique sans commune mesure avec les résultats obtenus“.

 

Ainsi s’exprimait Etinne Moity en 1983 dans la magazine L’Automobile. Un essai de 594 km en 5h05 mn à la moyenne de 116,8 km/h avec 13,6 l aux 100 km.

Ces extraits vont certainement provoquer des réactions indignées de la part des propriétaires actuels de TR6, qui en sont certainement des adeptes inconditionnels.

Cette ancienne vous fait envie, sachez qu’elle est assez rare et que sa cote a tendance à monter, doucement et inexorablement.

Michel FERONT Auteur

Je suis passionné de moteurs et de voitures anciennes. Lorsque j'étais enfant, je vantais la qualité des moteurs Schas qui équipaient les motos que mes parents vendaient. Cette passion ne m'a jamais quitté, malgré une carrière dans le secteur de l'informatique, où les moteurs sont remplacés par les processeurs. Dans mon village, je suis connu comme le mec qui "fait" dans les vieilles voitures, ....

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