Rétro-essai d’une Porsche 944 de Deuxième génération (Phase 2) de 1985

Tourner la clé de contact d’une voiture trop méconnue.

C’est la seule instruction de lancement du moteur car il est alimenté par une injection électronique (Bosch Jetronic). Le cœur de la bête commence à battre, j’appuie doucement sur l’accélérateur pour atteindre un régime de démarrage vu que ce coupé pèse tout de même 1.200 Kg.

La cylindrée de 2,5 l est extraordinairement élevée pour un quatre cylindres. Pour résoudre la problème de vibrations inhérents aux moteurs à 4 cylindres en ligne, Porsche installa deux arbres d’équilibrage, selon le système breveté par Mitsubishi. Le résultat est comparable au velouté d’un 6 cylindres.

Moteur 2,5 l de la Porsche 944 ph 2

La 944 met en confiance ses passagers. Bien calés dans des sièges anatomiques, les passagers oublient qu’ils sont assis dans une voiture conçue au début des années 80. La position de conduite est parfaite malgré ma taille (1,85m). Contrairement à mes italiennes anciennes, je n’hésite pas à prendre l’autoroute tant la 944 se montre à l’aise dans les conditions de trafic actuelles. La vitesse de croisière est rapidement atteinte si l’on pousse les rapports intermédiaires. Ensuite, c’est le TGV; en 5ème à 3.000 t/m, on risque déjà une belle amende.

Prendre son pied.

Bien entendu, l’autoroute n’est pas intéressante pour un essai, je la quitte pour profiter des routes vallonnées et sinueuses de nos Ardennes. Bon, encore faut-il emprunter une route en bon état…Aux environs de Rochefort, Marche-en-Famenne, ça roule !

J’enchaîne une succession de virages avant d’entrer dans Durbuy, de la 2ème à la 4ème vitesse selon la courbure, la voiture est collée au bitume. Elle vire bien à plat, aidée par ses 4 gros boudins montés sur des jantes Porsche Cup. Le freinage est puissant, endurant, rien à redire du côté des disques, ils sont signés Porsche. La direction (assistée) est directe, précise et transmet au conducteur les informations relatives au relief de la route.

Remettre les gaz est un régal, le couple maximum est obtenu entre 3.000 et 6.000 t/m, ce qui offre un grand confort de conduite. Il n’y a aucun temps de réponse puisque le moteur est 100% atmosphérique (il n’y a pas de turbo). Il ne faut pas de muscle pour appuyer sur l’accélérateur, ni sur la pédale de frein, parc contre, manier le levier de vitesse demande une certaine force dans les biceps tant la boîte est ferme.

La sonorité du moteur est envoûtante, du grave à l’aigu jusqu’au sifflement lorsque l’aiguille du compte-tours approche de la zone rouge. Je n’ai aucune réticence à la faire car la courroie de distribution est neuve et le jeu de soupapes ajusté. Accélérer les vitres abaissées permet de profiter pleinement du son rauque de l’échappement, et aussi celui d’un sifflement émis par l’ensemble “transaxle” c’est-à-dire l’ensemble boîte pont reporté à l’arrière.

Lorsque je roule en palier, pour traverser un village à 30 ou à 50 km/h par exemple, le moteur n’est ni en charge ni en retenue, il arrive que l’injection coupe l’arrivée de carburant, ce qui provoque un à-coup dans la transmission. Avec l’expérience, il est facile d’anticiper ce phénomène, soit en levant le pied doucement, soit en rétrogradant. D’après des informations que j’ai pu collecteur sur le web, un réglage permet d’éliminer cette coupure.

L’on se rend pourtant vite compte que les voitures actuelles sont plus rapides tout en se conduisant avec 2 doigts dans le nez (pour certains). Les progrès réalisés sont importants et c’est un bien. pour la sécurité Il n’empêche que je suis convaincu qu’un conduite “à l’ancienne” d’une “ancienne” procure plus de sensations et de plaisir qu’une voiture actuelle.

Prendre son portefeuille.

Une conduite dynamique lors d’une balade au long cours ne vous trouera pas le portefeuille. Bien sûr, faire le plein d’un réservoir de 80 litres de super 98, cela peut coûter cher, mais si vous respectez les limitations de vitesse, la consommation descend facilement sous les 10 l/100 km.

Se faire du bien.

N’ayons pas de mal à nous faire du bien, la 944 est une GT accessible et si vous la choisissez bien (et un peu de chance), vous n’aurez qu’une bonne surprise: que sa cote monte.

Porsche 944 Phase 2

Si vous souhaitez vous replonger dans l’histoire de ce modèle, suivez ce lien.

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Michel FERONT Auteur

Je suis passionné de moteurs et de voitures anciennes. Lorsque j'étais enfant, je vantais la qualité des moteurs Schas qui équipaient les motos que mes parents vendaient. Cette passion ne m'a jamais quitté, malgré une carrière dans le secteur de l'informatique, où les moteurs sont remplacés par les processeurs. Dans mon village, je suis connu comme le mec qui "fait" dans les vieilles voitures, ....

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